{"id":118,"date":"2016-09-27T23:26:05","date_gmt":"2016-09-27T22:26:05","guid":{"rendered":"http:\/\/psychologuebrest.fr\/blog\/?p=118"},"modified":"2016-10-08T11:01:07","modified_gmt":"2016-10-08T10:01:07","slug":"psychologue-a-brest-2-limpregnation-de-la-mer-dans-le-travail-decoute","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/psychologuebrest.fr\/blog\/psychologue-a-brest-2-limpregnation-de-la-mer-dans-le-travail-decoute\/","title":{"rendered":"Psychologue \u00e0 Brest (2) : l&rsquo;impr\u00e9gnation de la mer dans le travail d&rsquo;\u00e9coute&#8230;"},"content":{"rendered":"<p>Ecouter a la m\u00eame racine \u00e9tymologique qu&rsquo;ausculter (<em>aus-cultare<\/em>) : \u00eatre attentif aux rythmes du coeur devrait faire partie du premier souci d&rsquo;un psychologue \u00e9coutant autrui. En tous les sens du terme, bien s\u00fbr : \u00e0 savoir le rythme des passions, des sentiments, des \u00e9motions, mais \u00e9galement le rythme de l&rsquo;organe, le rythme cardiaque (celui du praticien et celui du patient) et pour ce faire, plus largement, le rythme respiratoire. Les respirations, celles du praticien et celles du patient, comme plusieurs vagues d&rsquo;intensit\u00e9s diff\u00e9rentes, peuvent litt\u00e9ralement rythmer une s\u00e9ance de travail psychologique : indice d&rsquo;un malaise ou au contraire d&rsquo;un soulagement, retenue soudaine du souffle alors qu&rsquo;une id\u00e9e nouvelle surprend le cours de la pens\u00e9e, indication \u00e0 l&rsquo;autre de l&rsquo;attention qui lui est pr\u00eat\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p>Qui \u00e9coute les rythmes du coeur ? La m\u00e8re \u00e9coute les battements cardiaques du b\u00e9b\u00e9&#8230; et r\u00e9ciproquement. Avant m\u00eame la naissance, <em>avant la sortie des eaux matricielles, <\/em>le foetus entend les bruits internes du corps maternel, dont les rythmes du coeur. L&rsquo;ou\u00efe est fonctionnelle avant la vue dans la vie intra-ut\u00e9rine&#8230; Et le <em>son <\/em>ne se propage pas de la m\u00eame fa\u00e7on dans les eaux que dans les airs, ne provoque pas les m\u00eames effets sur l&rsquo;ou\u00efe humaine&#8230; Or Ferenczi s&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment inqui\u00e9t\u00e9 des \u00e9chos \u00e9volutionnistes sur la lign\u00e9e humaine qu&rsquo;ont pu provoquer les esp\u00e8ces ancestrales dont nous sommes tous issus : <em>quid <\/em>de nos origines marines ?<\/p>\n<p>Ferenczi a commenc\u00e9 l&rsquo;\u00e9criture de son oeuvre ma\u00eetresse, <em>Thalassa, essai sur la th\u00e9orie de la g\u00e9nitalit\u00e9, <\/em>en 1914, alors que commen\u00e7ait la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Il s&rsquo;en explique en introduction : \u00ab\u00a0A l&rsquo;automne 1914, le service militaire obligea l&rsquo;auteur de cet article \u00e0 abandonner son activit\u00e9 de psychanalyste et \u00e0 s&rsquo;exiler dans une petite ville de garnison o\u00f9 sa t\u00e2che de m\u00e9decin-chef d&rsquo;un escadron de hussards n&rsquo;\u00e9tait gu\u00e8re de nature \u00e0 satisfaire sa soif de travail, devenu une v\u00e9ritable habitude.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le cadre est pos\u00e9 : c&rsquo;est un temps de guerre, et mondiale, \u00e0 tout le moins europ\u00e9enne \u00e0 ce moment-l\u00e0. Ferenczi est coup\u00e9 de son travail de psychanalyste. Ecoutons-le (parler de l&rsquo;auteur, \u00e0 savoir lui-m\u00eame) : \u00ab\u00a0Ainsi en vint-il \u00e0 consacrer ses heures de libert\u00e9 \u00e0 traduire en hongrois les <em>Trois essais sur la th\u00e9orie de la sexualit\u00e9<\/em>, ce qui l&rsquo;amena presque in\u00e9vitablement \u00e0 \u00e9laborer plus avant certaines id\u00e9es surgies au cours de ce travail, puis \u00e0 les jeter bri\u00e8vement sur le papier.\u00a0\u00bb Ferenczi traduit un ouvrage de l&rsquo;allemand en hongrois, sa langue maternelle, un ouvrage de Freud, son \u00ab\u00a0p\u00e8re\u00a0\u00bb psychanalytique.<\/p>\n<p>Ne nous laissons pas leurrer par la politesse de Ferenczi : il ne fait pas que s&rsquo;ennuyer&#8230; Il est \u00e9galement anxieux. Qui ne le fut pas, si peu inform\u00e9 qu&rsquo;il fut en automne 1914 ? Le travail de traduction d&rsquo;une des oeuvres majeures de Freud (elle \u00e9tait une de ses pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es, avec <em>L&rsquo;interpr\u00e9tation du r\u00eave<\/em>) a assur\u00e9ment contribu\u00e9 \u00e0 faire un tant soit peu oublier \u00e0 Ferenczi les affres de la guerre. Certes, il n&rsquo;\u00e9tait pas au front&#8230; Il \u00e9tait de plus, en Hongrie, loin de la mer&#8230; Alors comment en est-il arriv\u00e9 \u00e0 s&rsquo;inqui\u00e9ter des effets de nos origines oc\u00e9anes lointaines sur notre mode de reproduction ? Nous nous efforcerons dans les articles \u00e0 suivre d&rsquo;\u00e9couter au plus pr\u00e8s ce que nous dit Ferenczi&#8230; Reconnaissons notre tort : nous lisons en fran\u00e7ais, n&rsquo;entendant pas, h\u00e9las, le hongrois ! Les citations sont extraites d&rsquo; <em>Oeuvres compl\u00e8tes<\/em>, <em>Tome III : 1919-1926, Psychanalyse 3<\/em>, de Sandor Ferenczi, aux \u00e9ditions Payot, 1982. La traduction en est de J. Dupont et M. Viliker.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Copyright, Y-M Bouillon, 2016.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ecouter a la m\u00eame racine \u00e9tymologique qu&rsquo;ausculter (aus-cultare) : \u00eatre attentif aux rythmes du coeur devrait faire partie du premier souci d&rsquo;un psychologue \u00e9coutant autrui. 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